L'essentiel
Chaque année, vous consacrez au moins les deux tiers du temps de mathématiques à la numération, au calcul et à la résolution de problèmes : c'est la priorité du cycle. Vous menez les élèves du concret vers l'abstrait, en passant par la manipulation puis la représentation schématisée, et vous exigez que chaque procédure soit dite avec des mots avant d'être écrite. Vous testez la fluence en calcul mental en temps limité, sans jamais recourir à la calculatrice.
Principes
L'enseignement des mathématiques mène progressivement les élèves du concret vers l'abstrait, en passant par la représentation schématisée. Ils manipulent d'abord des objets tangibles, matériel de numération ou monnaie fictive, pour s'approprier une notion avant d'accéder à l'écriture mathématique. Réussir une manipulation ne suffit pas à prouver la compréhension : vous faites verbaliser chaque procédure, par l'élève avec ses mots, puis par vous avec le vocabulaire adapté.
Vous menez des séances quotidiennes de calcul mental et vous les faites évoluer vers des tests en temps limité, qui mesurent la fluence des élèves et leur permettent de mesurer leurs propres progrès. Ces tests sont entrainés en routine, afin qu'ils cessent d'être une source de stress et deviennent un levier de confiance en soi. Les élèves n'utilisent pas de calculatrice au cycle 2, sauf pour des besoins particuliers reconnus.
La résolution de problèmes suit un modèle explicite en quatre phases : comprendre l'énoncé, modéliser l'opération à effectuer, calculer, puis répondre et vérifier la plausibilité du résultat trouvé. Vous variez les formulations des énoncés pour éviter que les élèves associent un mot à une opération plutôt qu'à un sens. Des évaluations courtes mais fréquentes vous permettent d'identifier les besoins de chaque élève et d'ajuster votre enseignement, dans une progression qui vise l'autonomie.
Nombres, calcul et résolution de problèmes
Ce domaine concentre au moins les deux tiers du temps de mathématiques du cycle. Vous y faites acquérir la numération, les fractions, les quatre opérations, le calcul mental et la résolution de problèmes, dans un lien constant entre ces sous-parties.
Les nombres entiers
Les élèves travaillent avec les nombres entiers jusqu'à cent au CP, jusqu'à mille au CE1 et jusqu'à dix mille au CE2. Vous leur faites comparer, dénombrer et constituer des collections organisées en groupes de dix, de cent puis de mille, avec du matériel multibase ou de la monnaie fictive. Ils apprennent aussi à comparer, encadrer et positionner ces nombres sur une demi-droite graduée.
Le calcul mental
Vous menez des séances quotidiennes de calcul mental sur trois axes : mémoriser des faits numériques, utiliser la numération pour calculer vite, et élaborer des procédures qui s'automatisent progressivement. La fluence attendue en fin d'année est de neuf résultats en trois minutes au CP, douze au CE1 et quinze au CE2. L'apprentissage des tables de multiplication s'étale sur toute l'année de CE1 et se poursuit au CE2.
Les quatre opérations
Vous introduisez l'addition posée au CP, puis un algorithme de multiplication posée au CE2. L'algorithme de soustraction posée, introduit au CE1, est unique pour toutes les classes d'une même école. Les élèves comprennent le sens de chaque opération avant sa technique : l'addition et la soustraction comme opérations inverses, la multiplication comme addition itérée. La division, introduite au CE2, est présentée comme l'opération inverse de la multiplication.
La résolution de problèmes
Les élèves traitent au moins dix problèmes par semaine à chaque niveau du cycle, dont certains courts et proposés à l'oral. Vous leur faites reconnaitre des structures types : problèmes de parties-tout, de comparaison, multiplicatifs. Les problèmes mixtes apparaissent au CE1 en deux étapes, puis au CE2 en deux ou trois étapes, avec des problèmes de comparaison multiplicative. Le champ numérique des problèmes suit celui du niveau, mais il se réduit pour les structures les plus complexes.
Les fractions
Les fractions apparaissent au CE1, comme des parts d'un tout, avec des dénominateurs 2, 3, 4, 5, 6, 8 ou 10. Au CE2, les élèves les retrouvent comme fractions d'une unité de longueur sur une bande graduée, avec un dénominateur inférieur ou égal à douze. Ils comparent, additionnent et soustraient des fractions de même dénominateur, puis, au CE2, des fractions dont l'un des dénominateurs est un multiple de l'autre.

Grandeurs et mesures
Vous introduisez chaque grandeur usuelle par la manipulation, avant l'unité de mesure qui lui donne du sens. Les élèves comparent et mesurent des longueurs, des masses, des contenances et des durées, puis convertissent entre unités sans tableau de conversion, en s'appuyant sur les relations qu'ils connaissent.
Longueurs, masses et contenances
Les élèves mesurent des longueurs en centimètre et en mètre dès le CP, puis aussi en kilomètre au CE1. Le décimètre et le millimètre n'arrivent qu'au CE2. Ils pèsent des objets en gramme et en kilogramme dès le CE1, puis découvrent la tonne au CE2. Les contenances, en litre, décilitre et centilitre, ainsi que le périmètre d'un polygone, n'apparaissent qu'au CE2.
La monnaie
La monnaie sert d'abord de point d'appui pour la numération : dix pièces d'un euro valent un billet de dix euros. Les centimes sont introduits au CE1, où cent centimes valent un euro, ce qui installe la première écriture à virgule des nombres décimaux. Au CE2, les élèves posent des additions et des soustractions de montants en euro avec cette écriture.
Le repérage dans le temps et les durées
Les élèves lisent l'heure entière sur une horloge à aiguilles dès le CP, puis la demi-heure et le quart d'heure au CE1, en lien avec les fractions. Au CE1, ils comparent et mesurent des durées écoulées entre deux instants d'une même journée. Au CE2, ils résolvent des problèmes à une ou deux étapes impliquant des durées. Ce travail est mené en lien avec l'enseignement « Questionner le monde ».
Espace et géométrie
Les élèves passent d'une géométrie perceptive, où les formes sont reconnues à vue, à une géométrie où les propriétés sont vérifiées avec des instruments. Ils renforcent le vocabulaire géométrique à chaque niveau et apprennent à manipuler la règle, l'équerre et le compas.
Les solides et la géométrie plane
Les élèves reconnaissent le cube, la boule, le cône, le cylindre et le pavé dès le CP, puis la pyramide dès le CE1. Ils tracent des figures planes à main levée puis à la règle, découvrent l'équerre pour vérifier les angles droits au CE1, et rencontrent le losange et les axes de symétrie au CE2. La construction d'un cube à partir d'un patron apparait au CE2.
Le repérage dans l'espace
Les élèves situent des personnes et des objets les uns par rapport aux autres, d'abord dans la classe, puis dans un espace familier au CE1. Ils codent des déplacements avec un vocabulaire spatial précis, y compris pour programmer un robot sur un tapis quadrillé. Au plus dix instructions et deux virages au CP, quinze instructions et quatre virages au CE1.
Organisation et gestion de données
Avant d'apprendre à lire un tableau ou un diagramme construit par quelqu'un d'autre, les élèves du CP recueillent eux-mêmes des données sur un caractère qualitatif pouvant prendre de deux à cinq valeurs. Au CE1, ce recueil porte sur une population plus grande, et les élèves lisent aussi des tableaux à double entrée qu'ils n'ont pas construits eux-mêmes.
Au CE2, les caractères étudiés deviennent aussi quantitatifs, comme l'âge ou le nombre de frères et sœurs, et les élèves résolvent des problèmes à partir de ces données.
Repères chiffrés
- Chaque année, au moins les deux tiers du temps d'enseignement des mathématiques sont consacrés à la numération, au calcul et à la résolution de problèmes.
- Nombres entiers travaillés : jusqu'à cent au CP, jusqu'à mille au CE1, jusqu'à dix mille au CE2.
- Fluence en calcul mental attendue en fin d'année : neuf résultats en trois minutes au CP, douze au CE1, quinze au CE2.
- Les élèves traitent au moins dix problèmes par semaine, à chaque niveau du cycle.
- Fractions : dénominateurs 2, 3, 4, 5, 6, 8 ou 10 au CE1 ; dénominateur inférieur ou égal à douze au CE2.
- Cent centimes valent un euro, la base de l'écriture à virgule introduite avec la monnaie au CE1.
Ce qui change
Le texte que vous appliquez date de l'arrêté du 22 octobre 2024, publié au Bulletin officiel n°41 du 31 octobre 2024. Il est entré en vigueur à la rentrée 2025 pour le CP et le CE1, et s'étend au CE2 à la rentrée 2026. Par rapport aux programmes antérieurs du cycle 2, les sous-parties « Calcul mental » et « Résolution de problèmes » sont volontairement plus détaillées, dans un souci de clarification des attendus.