Principes
Tout comme l’ensemble des domaines du cycle 1, l’enseignement pour le développement et la structuration du langage oral et écrit participe à établir les fondements éducatifs et pédagogiques à partir desquels se développent les apprentissages des élèves tout au long de leur scolarité. L’école maternelle a pour mission de permettre une première scolarisation réussie en développant le plaisir d’apprendre et l’acquisition de nouveaux savoirs et savoir-être.
Elle doit créer les conditions d’un accueil dans un environnement serein et rassurant en prenant en compte le développement de chaque enfant, afin que chaque élève soit en capacité de poursuivre en confiance l’acquisition des savoirs fondamentaux dont il profitera au cours préparatoire et tout au long de sa scolarité. L’apprentissage du français, langue de scolarisation, est essentiel à la réussite personnelle et scolaire des élèves.
L’instruction obligatoire pour les enfants dès l’âge de trois ans instaurée par la loi du 26 juillet 2019 fait de l’école maternelle – école de l’épanouissement et des apprentissages initiaux – un cadre essentiel pour acquérir le langage. Le professeur s’appuie notamment sur les fonctions cognitives (attention, motivation, mémorisation, etc.) dans les situations d’apprentissage qu’il conçoit pour des enfants entre trois et six ans, dont les capacités cérébrales leur permettent d’apprendre vite et beaucoup. Dans le respect des expériences personnelles des enfants, l’école maternelle est ambitieuse pour chaque élève.
Ce programme répond au premier objectif de l’école maternelle, qui porte sur la compréhension et l’usage du langage et de la langue française. Au fil des trois années du cycle 1, chaque élève doit acquérir les compétences fondamentales par :
- l’acquisition du langage oral pour s’exprimer, comprendre et construire sa pensée par l’enrichissement du vocabulaire et le développement des compétences syntaxiques ;
- le passage progressif de l’oral à l’écrit, pour préparer l’apprentissage de la lecture et de l’écriture qui est conduit au cours préparatoire.
L’enseignement du vocabulaire est prioritaire à l’école maternelle. Une bonne connaissance lexicale permet de mieux comprendre et de mieux s’exprimer. Une maitrise suffisante de la langue repose sur l’usage d’au moins 2 500 mots en fin de grande section. L’enseignement du vocabulaire doit donc être explicite, progressif et structuré.
Toutes les activités vécues et proposées aux enfants à l’école maternelle permettent de développer et de structurer le langage : une séance de motricité, une activité artistique, un jeu approprié à la construction du nombre, un jeu entre enfants, accompagné par le professeur, constituent autant de situations propres à comprendre et produire du langage, à l’enrichir, à le structurer et à le réemployer.
Ces temps de pratique spontanée, même s’ils sont encadrés, ne suffisent pas à développer le langage. Il s’agit, depuis la petite section, de dispenser un enseignement structuré où le professeur favorise quotidiennement par des explications claires, des démonstrations et une pratique guidée, un engagement actif des élèves et une compréhension explicite des objectifs d’apprentissage.
Dans cette perspective, l’organisation de l’emploi du temps des élèves, en cohérence avec les rythmes de l’enfant, est un enjeu essentiel qui est pensé et adapté par le professeur dès la petite section.
La régularité, la récurrence et la cadence de certaines activités, notamment celles qui permettent le réemploi des mots et des tournures enseignés, sont nécessaires afin d’ancrer, à long terme, des savoir-être et des savoir- faire essentiels à la réussite des élèves.
Des principes pour conduire un enseignement efficace seront adaptés à chacune des composantes du programme.
L’évaluation des acquis des élèves, par une observation active du professeur, doit le conduire à pratiquer un enseignement différencié. Cet enseignement s’adapte au développement de chacun des élèves en instaurant des organisations pédagogiques adaptées notamment par la mise en place de petits groupes de compétences qui permettent des interactions avec le professeur et entre pairs.
Le programme est structuré en thématiques qui indiquent les enjeux et les finalités d’enseignement. Les objectifs d’acquisition et des exemples de réussite sont déclinés par âge afin de donner des repères qui indiquent les progrès attendus des élèves. Cela suppose, pour chaque âge, le réinvestissement des compétences précédemment abordées afin de les ancrer sur le long terme.
Acquérir le langage oral
Enrichir son vocabulaire
L’enrichissement lexical à l’école maternelle vise à conduire l’enfant à parler plus et mieux. L’extension et l’approfondissement du vocabulaire sont au cœur des apprentissages langagiers à l’école maternelle et doivent être enseignés explicitement dans des temps d’apprentissage spécifiques. Au-delà des mots découverts incidemment, des réseaux lexicaux, choisis par le professeur, doivent être élaborés de manière réfléchie, planifiée et progressive, lors de l’année scolaire et sur l’ensemble du cycle.
La progressivité des acquisitions implique de commencer par les mots relatifs aux actes du quotidien, aux activités de la classe et aux relations avec les autres. Les différents domaines travaillés à l’école offrent naturellement la possibilité de découvrir des champs lexicaux variés, mais avant tout en relation avec le vécu et les intérêts de jeunes enfants. Chaque réseau lexical travaillé doit nécessairement être composé de verbes, de noms, d’adjectifs, de mots grammaticaux et d’expressions. Ainsi, dès son entrée à l’école maternelle, l’élève s’approprie progressivement un vocabulaire plus étendu, plus précis et plus spécifique dans tous les domaines d’enseignement.
Le professeur et l’ensemble des personnes présentes dans la classe veillent à employer à tous les instants un lexique adapté à de jeunes élèves tout en respectant une syntaxe exemplaire. Les séquences d’enseignement du vocabulaire suivent quatre étapes essentielles :
- apporter de nouveaux mots dans tous les domaines ;
- structurer le lexique pour percevoir les liens sémantiques et morphologiques que les mots entretiennent entre eux ;
- faire mémoriser par des activités dédiées ;
- réutiliser le vocabulaire appris dans les activités orales (scénarios sociaux dans les espaces jeux, dictées à l’adulte, narration d’albums, etc.).
Points de vigilance
Si toutes les situations d’enseignement permettent l’acquisition du vocabulaire, des séances quotidiennes doivent être adaptées à l’atteinte d’un objectif précis. Le professeur :
- veille à utiliser un vocabulaire précis, varié et adapté à l’âge des élèves ;
- offre à l’élève un retour immédiat pour lui indiquer des pistes d’amélioration tout en contribuant à maintenir son engagement dans la tâche ;
- introduit et répète des mots et des expressions en contexte lors d’activités motivantes et porteuses de sens pour les élèves, entre le professeur et l’élève, et entre pairs ;
- enseigne, en petite et en moyenne sections, deux corpus de mots par période puis trois corpus en grande section ; évalue, chaque mois et chaque période, que les corpus de mots enseignés sont bien mémorisés par les élèves ;
- met en œuvre une progression conçue en équipe de la petite section à la grande section permettant d’enrichir les corpus enseignés les années précédentes de mots nouveaux.
À aborder avant 4 ans
Objectifs d’apprentissage
- Comprendre, mémoriser, réemployer les mots des corpus enseignés (2 par période).
- Organiser les mots en catégorie et en réseau.
Exemples de réussite
- Comprendre et utiliser les réseaux lexicaux :
- de la vie familiale ;
- des activités récurrentes dans la vie de la classe (ex. :verbes de mouvement en lien avec les activités de motricité) ;
- des relations avec les autres, des activités scolaires, des albums lus en classe.
- Écouter et échanger avec le professeur qui commente ses actions en situation ;
- Trouver un objet présent nommé par le professeur en contexte (ex. : Peux-tu me donner la colle ?).
- Reconnaitre et nommer un objet présenté sous différentes formes.
- Retrouver un mot jamais entendu
- Retrouver un intrus.
- Attribuer un objet à une catégorie.
- Ranger des jeux familiers par catégorie (ex. : ranger par catégorie les couverts de la dinette).
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Comprendre, mémoriser, réemployer les mots des corpus enseignés (2 par période).
- Organiser les mots en catégorie et en réseau.
Exemples de réussite
- Comprendre et utiliser :
- les mots qui vont permettre de décrire l’environnement immédiat de l’élève ;
- les mots spécifiques des projets et des différents domaines travaillés en classe ;
- les mots des histoires entendues.
- Trouver un intrus dans une catégorie.
- S’appuyer sur des noms qu’il connait déjà pour comprendre un mot nouveau : animal/animalerie.
- Trouver des mots polysémiques : l’élève différencie la glace dans laquelle on se regarde et la glace que l’on mange.
- Ranger des jeux familiers par catégorie (ranger par catégorie les couverts de la dinette).
- Trouver des synonymes.
À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Comprendre, mémoriser, réemployer les mots des corpus enseignés (3 par période).
- Organiser les mots en catégorie et en réseau.
Exemples de réussite
- Comprendre et utiliser :
- les mots des émotions, des sentiments et des états mentaux des personnages de fiction ;
- les mots qui entretiennent une proximité phonique (poule/roule/boule/moule) ;
- les mots qui vont permettre de s’emparer des apprentissages du CP.
- Distinguer le sens propre du sens figuré (sans que ces notions ne soient enseignées) : l’élève comprend le sens de dévorer un gâteau et dévorer un livre.
- Construire des dérivations (sans que ces notions ne soient enseignées) : arroser → arrosage ; gentil → gentiment → gentillesse.
- S’appuyer sur des verbes et des noms qu’il connait déjà pour comprendre et essayer de construire un nouveau mot : jambe/enjamber.
- Chercher des hyperonymes des réseaux étudiés (véhicule est un hyperonyme de voiture, bus, vélo, etc. ; animal est un hyperonyme de chat, chien, grenouille, etc.).
- Inférer le sens d’un mot inconnu.
Développer sa syntaxe
La syntaxe participe de l’organisation des idées ; elle permet d’entrer en interaction avec autrui en produisant un énoncé qui ait un sens.
L’aptitude à aller au-delà de la simple juxtaposition des mots qui caractérise le langage des jeunes enfants, en les ordonnant et en les reliant, permet à l’élève une approche progressive de l’organisation de la phrase et une première découverte de la grammaire par la manipulation et l’utilisation de la langue. L’apprentissage d’introducteurs de complexité au fil du cycle (parce que, pour que, etc.) permet à l’élève d’enrichir sa syntaxe.
Durant son parcours à l’école maternelle et en lien étroit avec l’apprentissage du vocabulaire qui s’enseigne en contexte, l’élève développe sa syntaxe orale en étant guidé par le professeur pour :
- diversifier les pronoms qu’il emploie ;
- construire un système de temps de plus en plus efficace ;
- formuler des phrases simples et courtes dans un premier temps, puis de plus en plus complexes.
Points de vigilance
La qualité des modèles langagiers proposés par les professeurs permet aux élèves de progresser dans leur propre maitrise de la syntaxe et l’extension de leur lexique. La posture professionnelle du professeur est caractérisée par :
- une parole parfaitement articulée, des liaisons respectées ;
- un lexique riche, précis et adapté à de jeunes élèves ;
- une syntaxe correcte.
Le professeur permet aux élèves d’entendre des modèles syntaxiques corrects composés de phrases, de types et de formes variés. Il écoute avec une attention experte le discours de jeunes élèves et propose, progressivement, des formulations adaptées à l’âge et aux possibilités de l’enfant. La démarche d’enseignement du langage doit être structurée et guidée par le professeur, le plus souvent en petit groupe.
Des interactions entre le professeur et chacun des élèves doivent avoir lieu chaque jour. La lecture quotidienne d’albums, bien choisis, est une occasion pour que les élèves puissent développer leur syntaxe, que ce soit grâce à l’écoute ou à la reformulation. Cette démarche, guidée par le professeur, prévoit quotidiennement :
- des situations d’enseignement par le jeu qui seront l’occasion de conversations entre le professeur et les élèves, entre un adulte et un élève ou entre pairs durant lesquelles les élèves seront conduits à complexifier progressivement leurs énoncés en utilisant la syntaxe et les mots appris ;
- des temps consacrés à la structuration du lexique et de la syntaxe ;
- des temps d’entrainement pour mémoriser des structures syntaxiques ;
- des temps pour réinvestir régulièrement les connaissances.
À aborder avant 4 ans
Objectifs d’apprentissage
- Diversifier les pronoms employés.
- Construire à l’oral un système de temps de plus en plus efficace.
- Formuler des énoncés de plus en plus complexes.
Exemples de réussite
- Comprendre et utiliser :
- les pronoms il-elle/ils-elles : « Il mange le gâteau », « Elle est partie », « Ils sont sur le toboggan » ;
- plus tard dans l’année, le pronom je : « Moi, je mange le gâteau. »
- Utiliser :
- dans la première partie de l’année, le présent : « Il mange le gâteau » ;
- en fin d’année, un système à trois temps : présent/passé composé/présent à valeur de futur proche (aller) : « Moi, je fais du toboggan. J’ai joué à la balançoire et je vais faire du vélo. »
- Coordonner des propositions grâce à de premiers connecteurs : et/et puis : « Il monte sur le banc et puis il lance le ballon et puis il saute. »
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Diversifier les pronoms employés.
- Construire à l’oral un système de temps de plus en plus efficace.
- Formuler des énoncés de plus en plus complexes.
Exemples de réussite
- Utiliser :
- le pronom tu : « Toi, tu manges le gâteau » ;
- le pronom on : « On a été chez mamie et on a mangé le gâteau. »
- Utiliser :
- l’imparfait et le passé composé : « Moi, j’étais dans la cour. J’ai fait du vélo » ;
- le conditionnel : « Moi, je serais un voleur et toi, tu serais un gendarme. »
- Utiliser :
- dans son énoncé de nouveaux connecteurs temporels et spatiaux : d’abord/ensuite/après/pendant, etc. : « D’abord j’ai lancé le ballon et après j’ai sauté dans le cerceau » ;
- de nouveaux connecteurs afin de subordonner les propositions : parce que/que/qui : « Moi, je n’ai pas mon manteau parce qu’il est resté dans la voiture. »
À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Diversifier les pronoms employés.
- Construire à l’oral un système de temps de plus en plus efficace.
- Formuler des énoncés de plus en plus complexes.
Exemples de réussite
- Utiliser les pronoms nous et vous : « Avec les CP, nous avons mangé un gâteau », « Vous, vous mangez un gâteau et pas nous. »
- Utiliser :
- un système à trois temps : imparfait/plus-que-parfait/imparfait à valeur de futur dans le passé (aller) « Moi, j’étais sur un toboggan. J’avais fait de la balançoire et j’allais faire du vélo » ;
- le futur simple : « Quand on écrira aux correspondants » ;
- un système à deux temps : futur/futur antérieur : « Quand on ira chez les correspondants, on aura déjà été au spectacle et on pourra leur raconter l’histoire. »
- Utiliser de nouveaux introducteurs de complexité : où/quand/pour que/si/comme, etc. :
- « Là, c’est la maison où le loup a mangé le petit chaperon rouge. »
- « Le chevreau s’est caché dans l’horloge pour que le loup ne le voie pas. »
- « Quand je vais à la boulangerie, la boulangère me donne un bonbon. »
- « Comme il fait chaud, elle va boire de l’eau. »
Articuler distinctement
À leur entrée à l’école, les élèves ne sont pas toujours en mesure de prononcer correctement tous les mots. Durant les trois années de l’école maternelle, les enfants vont apprendre à bien prononcer l’ensemble des mots afin qu’ils puissent se faire comprendre par un interlocuteur. Une bonne prononciation permet une meilleure communication avec autrui ; elle est aussi un prédicteur pour acquérir la conscience phonologique et le principe alphabétique.
Dans toutes les situations de classe, le professeur doit être attentif à la qualité irréprochable de son articulation et de son intonation. Il veillera à ce que les élèves acquièrent, dans tous les temps de conversation, une bonne élocution. Il proposera, notamment dans le cadre des séances d’acquisition de la conscience phonologique, des activités qui viseront à développer cette compétence.
Points de vigilance
- Le professeur veillera à être exemplaire en parlant suffisamment lentement et en articulant suffisamment distinctement pour être compris de tous les élèves.
- Avant l’âge de cinq ans, il peut être difficile pour certains élèves de reformuler correctement le mot selon le modèle proposé par le professeur. Ce dernier le reformulera en précisant et en articulant les phonèmes qui ne sont pas correctement prononcés.
- Après l’âge de cinq ans, le professeur entraine progressivement les élèves, par la reformulation, à prononcer correctement afin qu’ils énoncent parfaitement un propos. À l’issue de l’école maternelle, les élèves sont capables de prononcer avec exactitude l’ensemble des trente-six phonèmes qui composent la langue française.
- Une attention particulière doit être portée aux élèves dont la langue d’origine n’est pas le français, la prononciation de certains sons étant particulièrement difficile à maitriser. L’éveil à la diversité linguistique est un moment durant lequel les élèves pourront comparer les sonorités de leur langue et identifier les différences de prononciation. Une vigilance particulière est exercée pour les phonèmes peu ou pas présents dans la langue maternelle de l’élève.
À aborder avant 4 ans
Objectifs d’apprentissage
- Articuler distinctement les couples de consonnes proches suivants : t/k, f/s, m/n.
Exemples de réussite
- Commencer à percevoir les distinctions entre des mots proches phonologiquement.
- À partir d’un imagier composé de paires distinctives, prononcer correctement : cour/tour, cube/tube, cassé/café, pouce/pouf, nain/main.
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Distinguer et produire correctement les nasales : é/in, a/an, o/on.
- Articuler distinctement les couples de consonnes proches suivants : f/v, s/z, p/b, t/d, k/g.
Exemples de réussite
- À partir d’un imagier composé de paires distinctives, notamment dans une situation de jeu traditionnel, prononcer correctement : ville/fil, dessert/désert, poison/poisson, pépé/bébé, doigt/toit, gare/car et les mots à phonèmes proches : boule/poule.
À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Prononcer correctement les couples de consonnes proches suivants : ch/s, ch/j, ch/z.
- Prononcer correctement les doubles consonnes : br/cr/bl/pl/sl.
Exemples de réussite
- À partir d’un imagier composé de paires distinctives, notamment dans une situation de jeux traditionnels, prononcer correctement : chaud/seau ; mouche/mousse ; bijou/bisou ; manche/mange.
Produire des discours variés
Grâce au développement de sa syntaxe orale et à l’enrichissement de son lexique, l’élève va produire de nouvelles formes de discours. Il va progressivement passer du langage des conversations ordinaires à un langage de plus en plus précis et structuré afin de décrire une situation en langage d’évocation. L’école va également donner l’occasion à l’élève d’apprendre à s’adapter à ses interlocuteurs et à participer à des échanges pour réfléchir avec les autres.
Points de vigilance :
- Le professeur organise des temps de conversation individualisés avec l’élève ou en petit groupe afin de lui permettre de parler. Il s’assure d’avoir parlé avec chacun de ses élèves le plus souvent possible en suscitant des réponses de plus en plus longues, structurées et précises.
- Il fait mémoriser des textes aux élèves (chants, comptines, poésies, extraits d’œuvre) : les phrases mémorisées deviendront des modèles pour l’oral puis pour l’écrit. En moyenne et en grande section, les élèves mémorisent un texte par semaine.
- Il veille à proposer des activités mobilisant le langage en situation puis le langage d’évocation.
- Il aide l’élève à reformuler son propos afin de le rendre syntaxiquement correct.
À aborder avant 4 ans
Objectifs d’apprentissage
- Entrer en communication verbale avec un adulte ou un autre élève.
- Dire ce qu’on fait.
- Dire ce qu’on a fait et, peu à peu, ce qu’on va faire.
- Prendre part à l’oralisation d’un court texte mémorisé.
Exemples de réussite
- Oser parler pour exprimer un besoin ou prendre part à la vie de la classe.
- S’exprimer lorsqu’on est sollicité.
- Dire : « Moi, je fais du toboggan. J’ai joué à la balançoire et je vais faire du vélo. »
- Participer à un moment collectif d’oralisation d’une comptine, d’une chanson, d’un court poème ou d’un bref extrait d’un album qui a été mémorisé.
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Dire ce qu’on va faire.
- Dire comment on a fait ou comment on va faire.
- Oraliser un court texte mémorisé.
- Participer à des échanges en restant dans le propos.
Exemples de réussite
- Dire : « Après la récréation, on va aller dans la salle de motricité et on va rouler sur le tapis. »
- Dire : « Sur la grande affiche, on a collé les papiers et après on a mis la peinture avec les doigts. On a tapoté doucement. Dans l’atelier, on va coller les papiers et après on va mettre la peinture. »
- Réciter une comptine, une chanson, un court poème ou un bref extrait d’album qui a été mémorisé.
À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Décrire une action ou une activité qui a été menée par un autre élève.
- Se faire comprendre, par le truchement du langage, d’un adulte qui ne connait rien à la situation évoquée.
- Participer à une conversation avec un adulte ou des pairs et reformuler son propos s’il n’a pas été compris.
- Émettre une hypothèse.
Exemples de réussite
- Dire : « Pour acheter les fruits du gouter, il faudrait compter les élèves de la classe. »
- Dire : « Si on voulait de la peinture verte, il faudrait mélanger du jaune avec du bleu. »
- Dire : « Peut-être que Corentin a mis la peinture avant de dessiner avec les feutres. »
- Suffisamment se décentrer et identifier les informations qu’on doit communiquer pour qu’un interlocuteur qui n’a pas vécu la situation évoquée puisse la comprendre.
Passer de l’oral à l’écrit : se préparer à apprendre à lire
Acquérir les habiletés phonologiques et le principe alphabétique
L’école maternelle a pour objectif de développer des habiletés langagières et cognitives chez les élèves pour qu’ils entrent efficacement dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture au cours préparatoire.
Pour pouvoir lire et écrire, les élèves doivent réaliser deux grandes acquisitions :
- la conscience phonologique qui permet d’identifier les unités sonores constitutives de la langue : l’élève est capable de manipuler et d’isoler de façon intentionnelle les unités phonologiques d’un mot (syllabe, attaque, rime, phonème) ;
- le principe alphabétique qui établit un lien entre les signes que sont les lettres et groupes de lettres et les sons. Ce passage des lettres aux sons est indispensable pour accéder ensuite au sens, finalité de la lecture.
L’acquisition de la conscience phonologique et du principe alphabétique nécessite de découvrir les lettres : leur nom, leur forme et leur son. Ces apprentissages, dans leurs différentes composantes, constituent un enjeu essentiel à l’école maternelle : c’est un premier pas vers l’accès à la représentation phonémique portée par la lettre qui permet de constituer les premiers liens entre l’oral et l’écrit.
Points de vigilance
Des situations d’apprentissage sont proposées dès la petite section : elles sont courtes, structurées et répétées régulièrement. Durant ces temps, le professeur permet aux élèves :
- d’écouter, d’identifier, de discriminer et de reproduire des unités sonores : à l’école maternelle, les élèves apprennent à manipuler volontairement des sons, à les identifier à l’oreille et à les dissocier d’autres unités ; à repérer des ressemblances et des différences ;
- de manipuler les mots, les syllabes puis les phonèmes : progressivement, le professeur conduit l’élève à passer d’une perception intuitive des unités sonores à une réelle conscience lexicale puis syllabique qui se concrétise par la réalisation d’opérations conscientes sur les syllabes orales (ajout, suppression, remplacement, inversion, substitution, fusion). Le professeur part de la perception du mot pour aller vers celle de la syllabe puis du phonème. Il procède par des activités ludiques qui conduisent les élèves à manipuler oralement des mots et des sons ;
- de connaitre le son des lettres : le professeur souligne systématiquement le lien entre le nom de la lettre et le son qu’elle produit. Il propose des allers-retours entre l’oral et l’écrit lors d’activités d’encodage de syllabes et de mots transparents (sans doubles consonnes ni lettres muettes) qui lient la connaissance des lettres et la discrimination des phonèmes qui les composent ;
- de connaitre le nom des lettres : le professeur utilise toutes les occasions pour repérer les lettres, identifier leur graphie, les nommer, repérer des similitudes, chercher dans d’autres mots une lettre identique. Il met en œuvre des activités variées de reconnaissance, de dénomination et de classement.
À aborder avant 4 ans
Écouter, identifier, discriminer et reproduire des sons
Objectifs d’apprentissage
- Identifier les sons de la langue, lors de situations d’écoute proposées par le professeur.
- Identifier un mot donné à l’oral dans une phrase, dans un texte.
Exemples de réussite
- Discriminer et identifier des sons familiers, localiser le son (la source).
- Reconnaitre les sons de la langue les plus fréquents dans une suite.
- Comparer, apparier et reproduire les sons.
Manipuler des syllabes orales puis des phonèmes
Objectifs d’apprentissage
- Scander les syllabes d’un mot.
- Dire des comptines courtes comprenant des phonèmes proches.
Exemples de réussite
- Prononcer son prénom, puis une comptine en scandant les syllabes.
- Frapper les syllabes d’un mot dans ses mains, sur ses cuisses, éventuellement à l’aide d’un instrument.
- Dire des comptines courtes comprenant des phonèmes proches.
Connaitre le nom des lettres
Objectifs d’apprentissage
- Reconnaitre et nommer certaines lettres de son prénom écrit en capitales.
Exemples de réussite
- Retrouver l’étiquette de son prénom (lettres capitales) parmi d’autres en prenant des indices sur les lettres (mêmes signes limités, permanents, alignés, normés).
- Utiliser l’étiquette de son prénom pour marquer sa présence, évoquer une production.
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Écouter, identifier, discriminer et reproduire des sons
Objectifs d’apprentissage
- Utiliser la voix parlée, chantée et les possibilités vocales (imitation de sons, onomatopées) afin d’expérimenter différents sons.
- Entendre, discriminer des phonèmes.
Exemples de réussite
- Discriminer et identifier les sons de la langue. Les localiser dans une suite.
- Reproduire des sons (onomatopées).
- Reproduire des intonations (sirènes vocales ascendantes, descendantes).
Manipuler des syllabes orales puis des phonèmes
Objectifs d’apprentissage
- Scander les syllabes d’un mot.
- Manipuler les syllabes d’un mot (ajout, suppression, permutation, répétition, fusion, substitution).
- Dire des comptines courtes comprenant des phonèmes proches.
Exemples de réussite
- Ajouter, supprimer, permuter, répéter, fusionner, substituer les syllabes d’un mot dit à l’oral.
- À l’oral et sans support écrit, dénombrer les syllabes de mots familiers, comparer les mots selon le nombre de syllabes et les classer (ex. : discriminer une syllabe cible dans une suite de syllabes énoncées MA → FA → PA → MA → SA).
Connaitre le nom des lettres
Objectifs d’apprentissage
- Nommer les lettres de son prénom et quelques lettres de mots connus (le professeur nomme systématiquement les lettres).
- Connaitre la correspondance entre les lettres scriptes majuscules et minuscules et les lettres cursives minuscules.
Exemples de réussite
- Épeler son prénom ou un mot connu afin qu’un tiers puisse le composer.
- Composer un mot connu en commençant par la première lettre et respectant l’ordre des lettres (même graphie, puis graphies différentes).
Connaitre le son des lettres
Objectifs d’apprentissage
- Donner les valeurs sonores de quelques lettres de mots simples connus.
Exemples de réussite
- Utiliser le nom de quelques lettres connues pour représenter les sons entendus (les voyelles).
À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Écouter, identifier, discriminer et reproduire des sons
Objectifs d’apprentissage
- Utiliser les possibilités sonores de la voix.
- Augmenter sa mémoire auditive et sa capacité de concentration.
Exemples de réussite
- Discriminer et identifier les sons de la langue. Les localiser dans une suite et les mémoriser.
- Différencier les sons proches : on/en/un.
Manipuler des syllabes orales puis des phonèmes
Objectifs d’apprentissage
- Supprimer, ajouter, remplacer, inverser, substituer, fusionner les syllabes d’un mot.
- Repérer et produire des rimes et des assonances.
- Entendre, discriminer, manipuler des phonèmes.
Exemples de réussite
- Fusionner les syllabes d’attaque de POISSON et la syllabe finale de SOURIS pour obtenir un pseudo-mot POIRIS.
- Trouver le son /f/ dans une liste de mots.
- Trouver l’intrus à l’initiale entre sac/Sacha/cartable ;
- Localiser un phonème dans un mot.
Connaitre le nom des lettres
Objectifs d’apprentissage
- Connaitre le nom des lettres de l’alphabet.
- Connaitre les différentes graphies d’une même lettre (majuscule lettre capitale ; minuscules scriptes ; cursives).
- Distinguer des lettres visuellement proches (b/d, c/e/o, p/q) grâce à leur écriture cursive et les nommer correctement.
Exemples de réussite
- Reconnaitre et nommer toutes les lettres d’un mot écrit dans les trois graphies.
- Épeler les lettres d’un mot connu afin qu’un tiers puisse l’écrire.
Connaitre le son des lettres
Objectifs d’apprentissage
- Connaitre le nom des lettres de l’alphabet et leur valeur sonore hormis les occlusives.
- Discriminer des mots auditivement proches.
Exemples de réussite
- Répéter un mot lentement et essayer de prolonger les phonèmes (voyelles, consonnes fricatives : s/r/f/v/j/ch et liquide : l) pour retrouver les lettres auxquelles ils correspondent.
- Discriminer et identifier les mots auditivement proches : poule/boule/roule/moule/coule/foule.
S’éveiller à la diversité linguistique
Les élèves vont découvrir l’existence de langues parfois très différentes de celles qu’ils connaissent et vont prendre conscience que la communication peut passer par d’autres langues que le français, qu’il s’agisse des langues régionales, des langues vivantes étrangères, dont celles qui sont parlées dans les familles ou par leurs camarades, et de la langue des signes française (LSF).
L’éveil à la diversité linguistique permet aux élèves de jouer avec le matériau sonore qu’est la langue et de manipuler mots et phrases à l’oral. Il va permettre d’acquérir des habiletés phonologiques (musicalité, intonation, accentuation, rythme, prononciation) qui vont être autant de ponts vers une maitrise consolidée et une stabilisation de la langue française. La mémorisation d’un lexique simple et usuel dans une autre langue va progressivement s’installer.
La valorisation de la langue d’origine des élèves multilingues, ou des élèves allophones, permettra à tous de découvrir, très tôt, que le multilinguisme est une richesse. Les activités conduites ouvrent les élèves à la réalité de la diversité linguistique et culturelle de la France et fondent les bases de la construction d’une citoyenneté respectueuse, indispensable à la vie en société et à l’épanouissement de chacun.
L’éveil à la diversité linguistique donne lieu à des séances d’exposition à une ou des langues vivantes étrangères sur des temps courts et variés.
Points de vigilance
Le professeur :
- aborde la diversité linguistique par l’écoute des sons et de la langue choisie ;
- a recours à des cartes-images, des jeux, des albums, des chants, des comptines pour mener son enseignement ;
- inscrit sa pratique dans une démarche comparative en proposant, par exemple, une même comptine en français et dans une autre langue ou un imagier bilingue.
À aborder avant 4 ans
Écouter, identifier, discriminer et reproduire des sons
Objectifs d’apprentissage
- Écouter des chants, des comptines, des histoires connues dans des versions en français et en langue étrangère.
Exemples de réussite
- Manifester son intérêt pour d’autres langues que la sienne.
- Prendre plaisir à s’exercer, à répéter des sons, des mots, voire des phrases très simples.
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Écouter, identifier, discriminer et reproduire des sons
Objectifs d’apprentissage
- Participer à des jeux dans une autre langue : jeux de doigts, rondes, jeux dansés, mimes, jeux de cour, jeux de cartes.
- Comparer des histoires lues en français et dans une autre langue.
Exemples de réussite
- Distinguer des sons nouveaux en les comparant avec des sons de la langue française.
- Mémoriser des chants et des comptines dans une autre langue.
- Mémoriser quelques mots isolés, mais aussi des consignes simples permettant de réaliser une activité ou des tournures usuelles permettant de saluer et de se présenter.
Écouter et comprendre différentes formes d’écrits
Tout au long du cycle, les élèves découvrent les différentes formes de l’écrit au travers de différents supports. Les élèves distinguent progressivement :
- les supports de l’écrit qui sont présents dans l’univers de la classe ;
- les fonctions de l’écrit ;
- le langage de l’écrit grâce aux textes qui sont lus quotidiennement par le professeur.
Tout au long de l’école maternelle, les élèves fréquentent des textes de plus en plus longs appartenant à tous les genres littéraires, essentiellement des textes patrimoniaux (contes, légendes, fables, poèmes), mais aussi issus de la littérature de jeunesse et de différentes natures (recettes, textes documentaires). Au moins une fois par jour, le professeur lit une histoire et/ou un texte documentaire aux élèves et enseigne la compréhension afin de susciter chez les élèves le gout et le plaisir de la lecture, accompagnant ainsi leurs premiers pas dans la construction d’un parcours de lecteur autonome.
Initier un parcours de lecteur et une première culture littéraire
Il appartient aussi à l’école de développer le gout pour la lecture, l’envie d’apprendre à lire. Quotidiennement, le professeur offre à ses élèves un temps de lecture, sans questionnement, dont le seul objectif est de développer le plaisir de lire. L’élève s’acculture ainsi à différents types d’écrits et se forge petit à petit une première culture littéraire ou documentaire qui lui permet de choisir un ouvrage en fonction de critères de plus en plus précis et des gouts qu’il développe. Le livre devient un objet familier pour l’élève dans la classe et dans la famille. Il apprend ainsi à le manipuler, à en prendre soin.
Points de vigilance
L’école maternelle permet aux élèves de rencontrer quotidiennement différents types d’écrits : ils sont découverts, nommés, explorés, manipulés dans différentes situations.
La compréhension de textes requiert un enseignement structuré et guidé par le professeur :
- en amont de la lecture, le professeur fournit aux élèves des éléments qui faciliteront leur compréhension (par exemple, le contexte de l’histoire, des éléments lexicaux, etc.) ;
- il installe un climat d’écoute et sollicite la concentration des élèves lors de la lecture en explicitant qu’il s’agit de comprendre un texte ;
- il aménage dans la classe des espaces spécifiques à cette activité (espace bibliothèque, espace écoute) ;
- après l’écoute, il anime et oriente les échanges par un temps de questionnement ouvert puis plus précis qui vise la compréhension des informations explicites et implicites (identification et caractéristiques des personnages, des lieux, des sentiments, etc.) ;
- il convoque l’expérience personnelle des élèves pour favoriser la compréhension ;
- il prévoit un temps de restitution de la compréhension après chaque séance durant lequel il veille à utiliser des modalités variées (dessins, jeu théâtral, utilisation de marottes, reformulation, etc.) ;
- une trace du travail réalisé est conservée (boite à histoires, traces sonores, photographies) afin de permettre aux élèves de garder en mémoire les apprentissages réalisés (vocabulaire acquis, emploi de structure syntaxique, narration de l’histoire, etc.).
À aborder avant 4 ans
Découvrir les supports de l’écrit
Objectifs d’apprentissage
- Repérer les outils fonctionnels utilisés quotidiennement en classe (étiquette du prénom, emploi du temps, affiches, etc.).
- Reconnaitre quelques écrits utilisés et produits en classe (comptines, recettes, carnet de lecteur).
Exemples de réussite
- Associer un écrit connu à son utilisation : « C’est pour : chanter, raconter/écouter des histoires, le dire aux parents, faire un gâteau. »
Comprendre des textes lus par le professeur
Objectifs d’apprentissage
- Reconnaitre un personnage, le nommer et le situer dans les illustrations.
- Comprendre des histoires où l’enchainement des actions peut être rattaché à des expériences connues de la vie quotidienne (le bain, le coucher, etc.).
Exemples de réussite
- Identifier les livres dans lesquels se retrouve un même personnage.
- Utiliser une marotte et raconter ce que le personnage fait dans chacun des albums.
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Découvrir les supports de l’écrit
Objectifs d’apprentissage
- Reconnaitre, nommer et identifier la fonction de différents écrits rencontrés dans la vie courante.
- Prendre conscience de la notion de destinataire et de contenu de la requête adressée par un écrit.
- Identifier et utiliser quotidiennement des outils fonctionnels pour se repérer, s’organiser, ranger.
Exemples de réussite
- Comprendre la fonction et la destination d’une lettre d’information aux parents, des étiquettes de rangement dans la classe, de l’affichage du menu de la cantine, etc.
- Identifier les livres présents dans la classe et leur usage.
Comprendre des textes lus par le professeur
Objectifs d’apprentissage
- Identifier et décrire le personnage principal et les personnages secondaires.
- Comprendre des histoires dont les actions sont organisées autour d’une structure répétitive (rencontres successives) et commencer à comprendre les informations implicites (émotions, états et sentiments des personnages).
Exemples de réussite
- À l’aide d’un support (marotte, décor, boite à histoires, tapis d’histoires), raconter l’histoire entendue plusieurs fois, en structurant son propos selon les caractéristiques des personnages et l’enchainement des évènements.
À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Découvrir les supports de l’écrit
Objectifs d’apprentissage
- Différencier les types d’écrits et associer un écrit à un projet d’écriture ou de communication.
- Repérer et dégager la structure et l’organisation (mise en page, typographie) de formes d’écrits fréquemment utilisés en classe (structure de la lettre, de la recette, du conte, d’un écrit documentaire, d’une notice de fabrication).
Exemples de réussite
- Identifier la fonction d’un écrit (ex. : une recette de cuisine), liée aux raisons que l’on peut avoir de l’utiliser.
- Utiliser le vocabulaire approprié pour parler des écrits (page, paragraphe, ligne, majuscule, ponctuation).
Comprendre des textes lus par le professeur
Objectifs d’apprentissage
- Construire les caractéristiques des personnages archétypaux (loup, princesse, ogre, sorcière, renard, fée, etc.).
- Comprendre des histoires où l’enchainement des actions est lié au destin de personnages centraux ou secondaires qui évoluent et interagissent, dans des lieux diversifiés.
- Comprendre les émotions, les intentions et les sentiments qui animent les personnages.
- Établir un lien entre la lecture effectuée et sa propre expérience.
Exemples de réussite
- Expliquer les motivations des personnages (vouloir grandir, être le plus fort, etc.), leurs émotions (être en colère, avoir peur, etc.), les expériences qu’ils vivent et leurs relations avec autrui (l’amitié, l’entraide, la ruse, etc.).
- Raconter une histoire connue, dans son intégralité et sans support.
- Transposer les émotions ressenties par les personnages à sa propre expérience.
Passer de l’oral à l’écrit : se préparer à apprendre à écrire
Apprendre le geste d’écriture
Aborder la culture de l’écrit implique aussi de devenir scripteur ; cet enjeu du cycle 2 se prépare durant le cycle 1 notamment sur le plan moteur. L’apprentissage du geste d’écriture est en effet primordial et se construit progressivement dès la petite section. Il recouvre l’ensemble des processus qui sont à l’œuvre pour écrire, du moment où l’élève s’apprête à prendre le crayon jusqu’au moment où il écrira en cursive. Plusieurs années sont nécessaires aux élèves pour acquérir les multiples habiletés nécessaires à l’écriture manuscrite. L’école maternelle construit les prémices de ce processus.
Cet enseignement conduit l’élève à :
- adopter une posture corporelle compatible avec le geste graphomoteur ;
- utiliser de façon coordonnée les quatre articulations qui servent à tenir et à guider le crayon (épaule, coude, poignet, doigts), exercer un contrôle des tracés par une coordination main - œil ;
- tracer volontairement des signes abstraits dont il comprend qu’il ne s’agit pas de dessins, mais de lettres.
Points de vigilance
Dans le cadre de l’entrainement au geste graphique puis d’écriture, le professeur veille tous les jours à :
- écrire sous les yeux de ses élèves, verbaliser les tracés qu’il effectue et accompagner verbalement les tracés des élèves ;
- différencier les activités d’entrainement au geste moteur (graphisme), les activités d’entrainement au geste d’écriture et les activités de production d’écrit ;
- conduire un entrainement à la graphie des lettres capitales ;
- conduire un enseignement structuré de l’écriture cursive (introduite en moyenne section ou lorsque l’enfant est prêt) ;
- faire écrire des syllabes, le prénom et/ou des mots orthographiquement transparents (sans double consonne ni lettres muettes).
À aborder avant 4 ans
Objectifs d’apprentissage
- Participer aux activités de motricité générale, de motricité fine et aux exercices de graphismes ;
- Guider son geste par le regard lorsqu’il trace ou écrit ;
- Prendre des repères spatiaux sur le support utilisé pour tracer.
Exemples de réussite
- Exercer sa dextérité par des activités manuelles (reproduire des formes en pâte à modeler).
- Produire librement des tracés continus ou discontinus.
- Tracer quelques formes de base : traits verticaux, traits horizontaux, points, boucles et cercles.
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Adopter une posture adaptée au geste d’écriture.
- Adopter une préhension correcte du stylo et s’entrainer à ne pas le lever en écrivant.
- Utiliser de façon coordonnée les quatre articulations qui servent à tenir et guider le crayon (épaule, coude, poignet, doigts).
- Tracer des lettres capitales.
- S’initier aux tracés de l’écriture cursive.
Exemples de réussite
- Copier en lettres capitales son prénom et/ou d’autres mots du répertoire de mots familiers de la classe.
- Se repérer sur un support d’écriture (aller de gauche à droite).
À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Objectifs d’apprentissage
- Tenir correctement son stylo par la pince des doigts et utiliser de façon coordonnée les quatre articulations (épaule, coude, poignet, doigts).
- Travailler la ligature entre deux lettres.
- Tracer des lettres en écriture cursive, les enchainer.
Exemples de réussite
- Mémoriser et automatiser le tracé des lettres en cursive et leur enchainement pour écrire son prénom sans modèle.
- Écrire un mot orthographiquement transparent en cursive avec ou sans modèle.
Produire de premiers écrits
Les nombreux types d’écrits que lit le professeur à l’élève lui permettent d’améliorer son expression orale tout en le sensibilisant à la langue écrite. La structuration du vocabulaire et de la syntaxe sont les premiers fondements pour que l’élève puisse commencer à produire des écrits. Grâce aux activités d’essais d’écriture et de dictée à l’adulte, les élèves comprennent que l’écriture permet de passer de l’oral à l’écrit. Ils comprennent aussi que les écrits sont permanents et qu’ils permettent de garder en mémoire un message ou de s’adresser à une personne qui est absente.
Lors de cet enseignement, le professeur met l’accent sur les procédures langagières qui permettent de passer de l’oral à l’écrit afin que les élèves comprennent progressivement, notamment par l’exercice de la dictée à l’adulte depuis la petite section, que la langue écrite est régie par des règles.
Dès la petite section, les premières tentatives d’écriture spontanées et autonomes sont accueillies positivement par le professeur qui valorise les traces et explicite que c’est en apprenant les lettres que l’élève pourra émettre un message. Dès la moyenne section, le professeur observe, analyse les productions et les procédures mises en place par les élèves. Il pose l’écart entre la trace réalisée par l’élève et le modèle. Dès la grande section, ou lorsque l’élève est prêt, il favorise l’encodage de mots transparents en lien avec la connaissance des lettres de l’alphabet et la progression en conscience phonologique.
Points de vigilance
Le professeur met en place, dès la petite section, des activités de production d’écrits :
- il aménage un espace consacré à l’écriture dans lequel se dérouleront les activités pour s’entrainer à produire des écrits à partir de modèles présents dans la classe ;
- il propose des essais d’écriture dès la moyenne section en choisissant des mots transparents. Ces activités d’encodage sont quotidiennes et dirigées par le professeur qui pose l’écart entre l’écrit produit par l’élève et la norme ;
- il organise régulièrement des activités de dictée à l’adulte en petits groupes ; celles-ci permettent à l’élève de prendre conscience du passage de l’oral à l’écrit par le respect des normes syntaxiques et de la cohérence du texte qui peut relever de différents types d’écrits.
Ces activités obéissent à une démarche d’enseignement explicite qui conduit l’élève, sous la direction du professeur, à définir l’intention d’écriture (but, destinataire), à préparer l’exercice d’écriture (choisir les idées, identifier les outils nécessaires à la production), à énoncer oralement le propos (choisir et ordonner les mots), à dicter au professeur l’énoncé oral (respecter les normes syntaxiques) et enfin à réviser l’écrit qui a été produit. Les activités de dictée à l’adulte s’inscrivent dans un projet qui peut concerner tous les domaines d’apprentissage. Les élèves les pratiquent toutes les semaines.
À aborder avant 4 ans
Passer de l’oral à l’écrit
Objectifs d’apprentissage
- Percevoir que l’écrit encode l’oral.
- Utiliser un support écrit connu.
Exemples de réussite
- Demander à l’adulte d’écrire, de légender un dessin, comprendre que le dessin se distingue de l’écriture.
- Réciter une comptine apprise en identifiant le support écrit dont elle est issue.
Produire des écrits
Objectifs d’apprentissage
- Mimer la posture et les gestes d’écriture de l’adulte lors de la production de traces qui s’apparentent à de l’écriture.
- Tracer volontairement des signes abstraits dont on comprend qu’il ne s’agit pas de dessins, mais de lettres.
Exemples de réussite
- Tracer des signes sur une feuille en indiquant au professeur qu’on a écrit.
À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Passer de l’oral à l’écrit
Objectifs d’apprentissage
- Comprendre que lorsque l’adulte lit un même écrit plusieurs fois, ce qu’il lit est toujours identique.
- Comprendre que l’écrit code des sons.
- Proposer au professeur, lors d’une activité de dictée à l’adulte, le contenu d’un court message, stabiliser un énoncé oral et le mémoriser pour pouvoir ensuite le dicter au professeur.
- Comparer la longueur d’un texte écrit et la durée du texte entendu.
- Savoir que le sens de la lecture est de gauche à droite et de haut en bas.
Exemples de réussite
- Utiliser le nom de quelques lettres connues pour représenter les sons entendus.
- Participer à l’activité de dictée à l’adulte et s’engager dans des essais d’écriture.
- Recourir aux compétences qui seront nécessaires à l’activité d’écriture : reconnaitre par exemple la syllabe d’attaque d’un mot.
Produire des écrits
Objectifs d’apprentissage
- Chercher parmi les outils à sa disposition des modèles qui seront réutilisés dans un essai d’écriture.
Exemples de réussite
- Écrire un mot transparent avec l’appui d’un modèle, sur commande du professeur.
- Jouer avec la langue en inventant des pseudo-mots.
À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Passer de l’oral à l’écrit
Objectifs d’apprentissage
- Segmenter l’oral en mots, les mots en syllabes, quelques syllabes en phonèmes.
- Comprendre que l’écrit encode l’oral et que les sons de la langue sont codés par des lettres.
- Suivre la trace écrite des yeux lors d’une relecture par l’adulte d’un message produit lors d’une dictée à l’adulte.
Exemples de réussite
- Repérer un mot transparent dans une phrase écrite que le professeur vient de lire.
- Reformuler son propos afin d’arriver à un message syntaxiquement correct qui sera dicté.
- Moduler le débit de sa parole pour l’ajuster au geste d’écriture.
- Repérer un oubli volontaire par le professeur d’un mot lors d’une activité de dictée à l’adulte.
Produire des écrits
Objectifs d’apprentissage
- Mémoriser la graphie d’un mot transparent, en s’appuyant sur la connaissance des lettres et la conscience phonologique et le retranscrire sur un support.
- Réinvestir ses premières connaissances relatives au principe alphabétique pour produire un écrit.
- Se repérer dans l’alphabet pour retrouver l’écriture d’une lettre nécessaire pour produire un écrit.
- Mémoriser l’écriture de mots transparents ou de syllabes connues pour les réutiliser dans une production d’écrit.
- Comprendre qu’il existe une norme pour écrire : ponctuation, majuscules, mise en page, etc.
- Persévérer pour mener la production d’écrit à son terme : préparation, énonciation et révision.
Exemples de réussite
- Utiliser ses propres ressources mémorisées et celles de la classe pour écrire des mots.
- Proposer l’écriture d’un mot transparent et expliciter la stratégie utilisée (copie de morceaux de mots, tracé de lettres connues, recours au principe alphabétique).
- Utiliser quelques rapports phonie-graphie parmi les plus simples à percevoir : quelques voyelles simples et quelques consonnes fricatives (s, f, v, z, r) et liquides (l) pour produire des écrits.